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Etalon
poney de l'année 2004
Avec quatre de ses produits partants dans le Championnat de France Grand Prix en juillet dernier à Lamotte Beuvron... le petit étalon Connemara gris THUNDER DU BLIN s'impose à nos yeux comme l'étalon de l'année 2004. Beaucoup le connaissent au moins de nom, ont déjà admiré sa très bonne fille HOLY ISLAND ALUINN ou son agile fils étalon HORS PAIR... mais au fond que sait-on vraiment de cet étalon au parcours hors du commun ? Qui mieux qu' Elisabeth de Linarès pouvait nous renseigner... nous avons décidé de lui poser quelques questions à son sujet. Nous vous présenterons ensuite quelques uns de ses meilleurs produits. Interview d'Elisabeth de Linarès Bonjour, Merci de vous prêter si gentiment au jeu de l'interview. La carrière du petit étalon Connemara THUNDER DU BLIN en saut d'obstacles poneys, puis au haras, a été une vraie réussite, réussite à laquelle vous êtes étroitement liée. Nous espérons qu'à travers ces quelques questions nous serons éclairés sur les coulisses d'un tel succès, bien mérité, pour ce joli gris. PIM : Tout d'abord pouvez-vous nous raconter comment vous avez rencontré THUNDER ? Elisabeth de Linares : Nous avons décidé, en 1989, de chercher un jeune poney pour en faire un performer de haut niveau et un reproducteur. Nous sommes allé voir plus d'une vingtaine de poneys, à partir du printemps. Une sélection difficile : le plus souvent, les poneys n'étaient pas manipulés, voire inapprochables à 3 ou 4 ans, non débourrés ; la présentation en liberté sur les barres n'étaient pas dans les moeurs... Six mois plus tard, nous n'avions toujours rien trouvé de convaincant. Une personne nous a alors informés de l'acquisition d'un lot de poneys par le centre équestre de la Pommeraie, sans pouvoir nous dire si aucun correspondait au profil que nous recherchions, entier, taille D, 3 ou 4 ans, si possible pré débourré. Visite à la Pommeraie en décembre, essai de THUNDER (entier, 4 ans, débourré), achat en janvier 90.
Octobre 1990 - THUNDER âgé de 5 ans sert de compagnon de jeu à Brieuc, le fils d'Elisabeth, alors âgé de 8 ans PIM : En savez-vous d'avantage sur l'histoire de sa conception (choix d'un étalon pour sa mère, but du croisement) ? EL
: Le père de THUNDER, KING CUP RC (Né chez René Chagneaud
qui fut président de l'AFPC) était l'étalon de l'élevage
" du Blin ", élevage de Mr et Mme Madoré. THUNDER a
été vendu dans un lot avec d'autres poneys lorsque Mr et Mme Madoré
ont divorcé. Mme Madoré, plus connue sous le nom de Clémenceau
aujourd'hui, a poursuivi l'élevage de son coté d'abord sous l'affixe
du Sault, puis sous l'affixe du Blin qu'elle a repris, d'où IMPERIAL
DU BLIN. Monsieur Madoré m'a confié plus tard, lorsque THUNDER
a été approuvé en septembre 1990, avoir toujours eu un
faible pour lui, trouvant qu'il sortait du lot lorsqu'il était poulain.
Barbizon 1990 - Premières sorties de THUNDER sous la selle de Carole Rouquet, ici en D2 PIM : Parlez nous de lui, de sa personnalité... EL : Très sport par rapport au concept étalon de l'époque, surtout pour un Connemara, THUNDER est doté d'un caractère très courageux, endurant, débordant d'énergie et extrêmement volontaire. Du sang, tonique, naturellement en avant, il adorait sauter. Il possédait nombre des qualités que l'on recherche chez un compétiteur ; tempérament guerrier, bon passage de dos et bonne technique, moyens, respect, galop ample et rond... Il manquait, toutefois, un peu de réflexe devant et a du apprendre à se reculer des droits et à ne pas courir dans la barre. Bien que critiqué en tant qu'étalon du fait de son modèle " léger et réduit ", il était très expressif et montrait un certain cachet mâle. Très respectueux de l'homme, il était à son écoute ce qui le rendait agréable à fréquenter et à travailler. En conclusion : bon élève, réceptif, généreux, gentil et facile pour un entier.
Le Touquet 1990 - Premiers Championnats de France pour Carole et THUNDER PIM : Quels ont été ses débuts en compétition ? EL : Ayant été débourré en fin d'année de 4 ans, au poney-club de la Pommeraie, THUNDER a débuté sa carrière à 5 ans en D2 sous la selle de Carole Rouquet (qui fut, un temps, la cavalière de PELICAN DE SOLIERES, avant son acquisition par la famille Marlet). Qualifié pour le Championnat de France, il finira 53ème sur plus de 250 partants. L'année suivante, il participe au Championnat de France D1, toujours avec Carole Rouquet et devra abandonner sur blessure (sans gravité, mais qui l'avait rendu boiteux pendant 48 heures). THUNDER est essayé par Caroline sur le site, et intègre les écuries de Jean-Marc Nicolas fin juillet. Le Touquet 1991 - Championnats de France D1 CSO pour Carole et THUNDER PIM : À quel moment avez-vous senti que vous aviez à faire à un vrai crack ? EL : Dans la mesure où nous l'avons choisi avec pour objectif avoué, dès le départ, de tenter de l'amener jusqu'au Championnat d'Europe en saut d'obstacles, j'ai toujours été convaincue de son potentiel. La difficulté pour un propriétaire réside plutôt dans la gestion de la carrière. Le choix d'un cavalier et d'un encadrement pour débuter un poney peut être amener à être remis en cause. A partir d'un certain niveau, les difficultés techniques rencontrées en concours nécessitent une compétence professionnelle plus pointue. Il convient donc de rencontrer les bonnes personnes au bon moment.
THUNDER et Caroline Nicolas au CSIP de Diest en 1992 PIM : Ne pensez-vous pas que THUNDER a été très (trop) médiatisé lorsqu'il a débuté sous la selle de Caroline Nicolas ? Cela a-t-il selon vous favorisé sa côte auprès du public ? EL : La presse commençait tout juste à s'intéresser de plus près au haut niveau lorsque THUNDER est passé sous la selle de Caroline Nicolas, fille d'un cavalier international reconnu et en vue. Caroline était déjà remarquée sur les terrains où elle s'illustrait particulièrement bien en C1 avec MONDESIR A, alors qu'elle avait une dizaine d'années seulement. La formation du couple THUNDER / Caroline a donc fait un peu événement dans le milieu. Cet ensemble de facteurs ont fait de THUNDER l'un des premiers poneys à être médiatisé. Cela a, sans aucun doute, contribué à le faire connaître d'un large public et à en faire une vedette. Aujourd'hui, la médiatisation d'un poney est devenue beaucoup plus banale. Le " star système " est entré dans les moeurs.
PIM : Quels ont été ses principales performances ? EL
: Thunder s'est classé (plus ou moins bien, entre la 1ère place
et la 8ème place) dans tous les Grand Prix nationaux auxquels il a participé
avec Caroline Nicolas. Auparavant, avec Carole Rouquet, il a remporté
le premier Grand Prix auquel il prit part, celui de Marolles en Brie, battant
toutes les stars de l'époque. Un résultat, à vrai dire,
inattendu. Principales performances nationales : 1er à Marolles en Brie
(91), 1er à Bourges (92), 4ème du Championnat de France Grand
Prix (92)...
THUNDER et Caroline, la concentration au paddock PIM : Comment et pourquoi a-t-il arrêté la compétition ? EL : En 2ème place à l'issue de la chasse du Championnat de France Grand Prix en 1993 qui se déroulait à Maisons-Laffitte, il ne prendra pas le départ de l'épreuve suivante. Entre temps, Caroline s'était cassée la jambe en sautant (à pieds) par-dessus le portail de la maison de son oncle, Jean de Balanda, qui demeurait à proximité du terrain. Un mal pour un bien, car le poney avait contracté une leptospirose, très récemment soignée. Il fut envoyé chez Michel Pélissier, ami de la famille, pour se refaire une santé. Il y resta pour assurer la saison de monte suivante durant laquelle il honora une quarantaine de juments en monte naturelle, ce qui était un très bon score pour un étalon privé.
THUNDER et Caroline dans le CSIP de Donaueshingen (GER ) en 1992 PIM
: Vendre THUNDER aux Haras Nationaux, à l'époque, a été
une réelle opportunité de lancer sa carrière d'étalon.
Imaginiez-vous un tel succès par la suite ?
PIM : Beaucoup critiqué, il est aujourd'hui reconnu comme le meilleur père de poneys de sport en France, quelle est votre opinion à ce sujet ? EL : La démarche que nous avons faite avec THUNDER, liée au développement de la compétition de haut niveau, a, en partie, initiée le changement des mentalités qui s'amorçait et l'évolution de l'élevage du poney en France. S'il s'est trouvé à l'aube de cette évolution, je pense que bien d'autres le rejoindront progressivement dans les années à venir. Il a pour l'heure l'avantage d'avoir été le premier étalon performer à avoir été largement utilisé, en bénéficiant de " l'effet HN ". En attendant, il semble transmette assez régulièrement son mental de compétiteur. Ses produits sont souvent " très concours " et plaident donc en sa faveur.
THUNDER DU BLIN au Haras National des Bréviaires en 1998 PIM : Pour finir, pouvez-vous nous parlez de vous, de votre élevage ? La récente victoire d'un produit d'Haryns au Sologn'Pony (NAJISCO D'HARYNS ndlr) vous conforte-t-elle dans vos objectifs d'éleveur ? Comment voyez-vous l'avenir en tant qu'éleveur de poneys de sport ? EL : Lorsque mon fils est passé à cheval à 13 ans, il fut hors de question de vendre ses deux ponettes (de taille C). Elles ont donc été mises à la reproduction, l'objectif de l'élevage étant orienté vers le sport. L'une de souche C, sur plusieurs générations, a été croisée essentiellement avec des chevaux pour produire du poney D (les poneys C ne trouvant pas de marché) d'où GALIENNY, étalon, vice Champion de France D1 élite ; HENNY JOE, vice Champion des 6 ans et 4ème du Championnat D1. Deux de ses filles ont été conservées comme poulinières, une OLISCO et une QUICK STAR. Elles ont été mises à la reproduction à 3 ans et ne sont pas sorties. Je considère qu'exploiter des juments destinées à la reproduction est une aberration économique. C'est aux frères et soeurs ou produits vendus pour le sport de valoriser la souche. D'autre part, la mise à la reproduction des jeunes juments (pour peu qu'elles soient faites en mères) permet de faire progresser la génétique plus rapidement. Aujourd'hui
l'élevage compte cinq à six poulinières poneys et une Selle
Français. PIM : Avez-vous encore des produits de THUNDER dans votre élevage ? Comment sont-ils en général ? EL : J'ai régulièrement mis des juments à THUNDER, bien que les juments bases de l'élevage ne lui correspondaient pas franchement. Ceci dit, URSULE DU THENNEY, Connemara de la souche PASSPORT, très bonne sauteuse, ancienne ponette de concours de mon fils, a eu quatre produits de THUNDER dont une pouliche (petite D), très bien indicée à 4 ans ; un mâle de taille C, très doué, qui sautait spontanément le bac à eau poulain, doté de gros moyens, 16ème du Championnat C1 élite cette année, qui est à vendre, je crois ; un autre (1,34 m), très bon sauteur également, vendu pour l'attelage à la famille Thiriez. J'ai malheureusement perdue la première fille de IOLISCA (OLISCO), soeur de NAJISCO, destinée à l'élevage et morte accidentellement chez un éleveur auquel je l'avais prêtée. IOLISCA est à nouveau pleine de THUNDER, dans l'espoir d'avoir une pouliche au printemps. J'ai actuellement un foal, issu de NATASJA, welsh K hollandaise titulaire de performances à haut niveau, qui semble très prometteur. Il est possible que je lui adresse la QUICK STAR, la prochaine saison. Les poulains que j'ai eus de THUNDER accusaient tous du sang et montraient un caractère volontaire. Les femelles m'ont paru plus tardives que les mâles qui semblent dans l'ensemble plutôt doués. Leur locomotion, au trot, manque souvent d'amplitude mais ils héritent d'un très bon galop et de beaucoup d'équilibre. Ils ne sont pas particulièrement difficiles à éduquer, même s'ils sont parfois joueurs et un peu méfiants vis-à-vis de l'homme.
THUNDER DU BLIN au Haras National de Cluny, un vrai seigneur de 19 ans PIM : Toute l'équipe de la PIM Team vous remercie encore de vous être prêtée au petit jeu des questions / réponses. Nous vous souhaitons beaucoup de réussite dans votre élevage, ainsi qu'à THUNDER nouvellement arrivé au Haras National de Saint Lô. La production de THUNDER au plus haut niveau: HOLY ISLAND ALUINN
L'année 2003
est à marquer d'une pierre blanche. En effet, HOLY est classée
régulièrement en Grands Prix Nationaux, se place 6ème et
9ème au CSIP de Corminboeuf, 7ème et 10ème au CSIP de Fontainebleau
mais surtout remporte largement le Championnat de France Grand Prix. Confiée depuis peu à Marie Soline Montaz, HOLY continue son petit bout de chemin dans les grosses épreuves et a déjà glané une 2ème place dans le petit Grand Prix de Laval, une sélection pour le CSIP de Bois le Roi ainsi qu'une 6ème place dans le Grand Prix indoor d'Ozoir la Ferrière.
HORS
PAIR
Afin de le valoriser en épreuves Ponam, le petit étalon fut confié à Elliot Hoffet. Après plusieurs classements en D1, le couple est vice Champion de France dans cette catégorie en 2002. Le poney est alors confié à un autre cavalier, qui a notamment effectué une saison de Grand Prix, Aymeric Azzolino. Tout deux figurèrent honorablement dans les internationaux de Fontainebleau, de Diest et surtout du Touquet où ils raflèrent deux premières places. Après leur victoire dans la petit Grand Prix du Mans, ils obtiendront un bon classement au Championnat de France D1 Elite 2003 ainsi qu'un IPO de 162. HORS PAIR s'octroie aussi la seconde place dans le master des étalons à Saint Lô et est sacré Champion de France des étalons de 7 ans et plus à Lamotte Beuvron. Leur palmarès durant la saison 2003 / 2004 est le suivant : 3ème des Grands Prix de Cluny et de Barbizon, 2ème du petit Grand Prix des Pieux, 9ème à Saint Aubin sur Gaillon, 9ème d'une épreuve internationale à Fontainebleau, gagnant du Grand Prix de Compiègne, 7ème et 8ème des Grands Prix du Mans et 14ème du Championnat de France Grand Prix Elite. Le couple continue sur sa lancée puisqu'il s'est classé 9ème et second des Grands Prix de Saint Lô et d'Ozoir la Ferrière.
JOYAU
D'ARGENT
JOUSSELIN
Le puissant gris s'est classé plusieurs fois en D2 et D1 avant d'entamer la saison 2002 / 2003 sérieusement en D1. Avec la complicité de sa cavalière, Pauline Vallot, il s'est vraiment fait remarquer à Lamotte Beuvron lors des Championnats de France D1 élite où il termine 14ème. Ce fut ensuite le début en internationaux avec des bonnes performances notamment à Saint Lô, Auvers et Bois le Roi. Les progrès étant constants, le poney est engagé en petits Grands Prix. JOUSSELIN gagne celui du Mans et du Touquet, se classe 2ème à Bois Guillaume et à Compiègne, 8ème au Mans et réalise une belle performance au championnat de France Grand Prix en arrachant la 4ème place. Le début de saison 2004 / 2005 commence bien puisque le couple est 10ème à Barbizon et 3ème au Touquet.
MAIS AUSSI...
Sa récente arrivée au Haras National de Saint Lô pourrait bien être encore un tournant dans la carrière d'étalon de THUNDER DU BLIN... peut-être signera-t-elle son avènement en tant de chef de race ? En attendant THUNDER peut se targeur d'être le meilleur père de poneys de CSO en France... et d'avoir honoré non moins de 91 juments cette saison. L'histoire de THUNDER ne s'arrêtera donc pas de si tôt.
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